DIPLOMATIE : Esclavage, l’ONU appelle à dépasser les excuses pour engager de véritables réparations

À l’occasion de la Journée internationale des personnes d’ascendance africaine, célébrée le 31 août dernier, le Comité des Nations Unies pour l’Elimination de la Discrimination Raciale (CERD) appelle les États à aller au-delà de la reconnaissance symbolique des crimes liés à la traite des Africains réduits en esclavage et à l’esclavage racialisé.

Les 18 experts indépendants du Comité dans un communiqué, soulignent que les conséquences de ces crimes historiques continuent de se manifester à travers les discriminations raciales, les inégalités structurelles et certaines formes de racisme systémique. À leurs yeux, le temps écoulé ne saurait constituer un obstacle à la reconnaissance des responsabilités ni à la mise en œuvre de mesures de réparation.

Le CERD préconise une approche globale associant notamment restitution, indemnisation, réhabilitation, reconnaissance des préjudices et garanties de non-répétition. Les excuses et les reconnaissances officielles peuvent, selon le Comité, contribuer à ce processus, mais ne devraient pas remplacer des mesures concrètes.

L’objectif est également de s’attaquer aux mécanismes qui continuent de reproduire les inégalités raciales, notamment dans l’accès à l’éducation, aux soins de santé, aux opportunités économiques et à un environnement sûr.

Le Comité invite ainsi les États à examiner leurs législations, leurs politiques publiques et leurs institutions afin d’identifier et de corriger les dispositifs susceptibles de perpétuer la discrimination raciale.

Le CERD recommande l’adoption de plans d’action nationaux assortis d’objectifs pour donner une portée durable aux politiques de réparation, et de calendriers précis. Il insiste également sur la nécessité d’associer pleinement les personnes d’ascendance africaine et les communautés concernées à leur conception et à leur mise en œuvre.

À travers cet appel, le Comité estime que la reconnaissance du passé doit constituer un point de départ plutôt qu’un aboutissement. Pour l’ONU, la lutte contre la discrimination raciale ne peut être pleinement durable sans une action visant également à traiter les préjudices historiques et les inégalités structurelles qui en demeurent les prolongements.

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