Ministère DES AFFAIRES ETRANGERES, DE LA COOPERATION, DE LA FRANCOPHONIE ET DE L’INTEGRATION REGIONALE, CHARGE DES GABONAIS DE L’ETRANGER

Sceau de Republique Gabonaise

Politique étrangère

-Principes

La politique du Gabon est définie en vue de promouvoir son développement, les relations d'amitié et de coopération avec les autres Etats et de contribuer à la paix et à la sécurité. La politique étrangère du Gabon est fondée sur la conviction que le respect rigoureux des principes du droit international, conformément à la charte des Nations unies, est de la plus haute importance pour la paix et la sécurité internationales et pour le développement des relations amicales entre les nations.

Le Gabon encourage tous les États à renoncer à la violence en tant qu'instrument de politique internationale. Sur ce plan, il condamne plus particulièrement le recours systématique à l'agression, l'intervention, la menace et les pressions. IL condamne le terrorisme international sous toutes ses formes et est favorable à la non-prolifération nucléaire.

Le Gabon encourage l'édification d'une société internationale multipolaire, garante des équilibres de forces nécessaires à la stabilité et la sécurité internationales. Il exprime son opposition à toute tentative de définir unilatéralement et de façon autoritaire le cadre et les règles des rapports internationaux. Pour le Gabon, la société internationale doit être bâtie sur des règles acceptées par tous les États et toute construction contraire est destinée à s'écrouler à travers des tensions et des conflits.

Le Gabon est convaincu que seul le dialogue, la négociation et le consensus peuvent contribuer à bâtir entre les États et entre les peuples des relations saines et fortes basées sur la confiance et le respect réciproque. C'est pourquoi il ne ménage aucun effort pour fonder sa politique sur cette approche et définir avec les autres nations désireuses de paix un cadre propice à la concertation. Dans ses relations bilatérales il s'est toujours efforcé de donner au dialogue une place privilégiée. Au niveau des instances multilatérales, l'approche consensuelle a toujours eu ses faveurs car répondant mieux aux exigences qui seules peuvent conduire à des décisions crédibles pour toute la communauté internationale.

-Diplomatie et Coopération

La diplomatie et la coopération constituent les deux domaines dans lesquels le Ministère des Affaires étrangères met en œuvre la politique étrangère du Président de la République. Dans chacun de ses domaines; les actions sont menées aussi bien au plan bilatéral que multilatéral. La mise en œuvre se fait à travers une présence diplomatique qui permet de défendre et promouvoir nos intérêts dans le monde et la négociation de traités et d'accords couvrant tous les secteurs de développement du pays.

-Engagements

Dans le strict respect des principes qui sous-tendent sa politique étrangère, le Gabon s'est engagé tout au long de son histoire depuis son indépendance dans des causes et des combats qu'il a estimé justes parce que conformes à ses valeurs de paix, de justice, de fraternité, de solidarité et de progrès des peuples.

  • Engagements passés

Libération de l'Afrique Le Gabon, encore jeune État indépendant, avait toute de suite manifesté sa volonté de voir le reste des États africains encore sous l'emprise du colonialisme rejoindre la communauté des États souverains. se fondant sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, le Gabon, que ce soit à l'OUA ou aux Nations unies, n'a eu de cesse de condamner la situation d'asservissement qu'une grande partie des peuples africains connaissait encore (Angola, Namibie, Rhodésie, Guinée équatoriale (Rio Muni), Sao Tomé, Afrique du sud, Guinée portugaise et Mozambique)

Dans son discours prononcé à l'OUA le 23 mai 1963, le Président Léon MBA avait exigé la "libération totale" de l'Afrique, dénoncé l'humiliation et la servitude et réclamé le respect de la dignité des peuples africains. Son successeur, le Président El Hadj Omar BONGO continuera la même politique avec autant de détermination, considérant cette cause comme la cause de toute l'Afrique.

L'Unité africaine Le Gabon fait partie des pays qui ont soutenu l'idée de la création d'une organisation réunissant l'ensemble des États africains et a été membre fondateur de l'Organisation de l'Unité Africaine créée en 1963 à Addis-Abeba en Éthiopie. Le souci du Gabon était de voir l'unité et la solidarité entre les États africains se construire et se renforcer et que se développe entre eux les relations d'amitié et de fraternité. Conscient de la fragilité des jeunes nations africaines et des appétits impérialistes des grandes puissances, pour le Gabon, l'unité des États africains était seule garante de leur souveraineté et de leur stabilité. Il s'agissait aussi de voir s'intensifier leur coopération pour permettre aux peuples africains d'accéder au bien-être auquel ils aspiraient tous. Pour le Gabon, l'OUA devait avoir une valeur éducative, être un cadre institutionnel permettant aux Etats souverains d'apprendre à vivre ensemble, à resserrer les liens de solidarité de sorte qu'un progrès dans la voie de l'intégration politique n'était pas exclu à priori.

Le Non-alignement Le Non-alignement avait des significations diverses selon les États, compte tenu de leur diversité. Pour le Gabon, l'idéologie du "non-alignement" était d'abord une idéologie de paix et plus précisément de coexistence pacifique de tous les États, quels que soient leur régime social et leur niveau de développement, et un rejet des blocs militaires dont la seule constitution pouvait être considérée comme une menace à la paix. En outre refuser l'alignement c'était affirmer son indépendance. Le Gabon était d'autant plus méfiant à l'égard des blocs qu'il redoutait le néocolonialisme. Pour ce qui concerne le marxisme-léninisme, il considérait que cette idéologie était incompatible avec ses traditions et ses préoccupations particulières.

  • Engagements actuels

La paix et la sécurité La politique du Gabon est définie en vue de promouvoir les relations d'amitié et de coopération avec les autres Etats et de contribuer à la paix et à la sécurité. Les actions visant à promouvoir la paix ainsi qu'à prévenir et résoudre les conflits occupent une place importante dans cette politique. La diplomatie gabonaise a aidé au règlement des crises politiques en Afrique. Cette diplomatie pour la paix commence vraiment, en 1975-76 avec le rôle joué par le Gabon entre les mouvements nationalistes se déchirant lors de l'indépendance de l'Angola. Le Gabon sera ensuite très actif dans le conflit entre le Tchad et la Libye (1982-1989), au Congo-

Brazzaville, officiellement depuis la première guerre de 1993-1994. Ce rôle se poursuivra lors de la reprise des hostilités, en 1997, puis en 1999. A partir de 1996, il intervient sur la République Centrafricaine, en 1997, sur l'ex-Zaïre, en 1999, sur la Côte d'Ivoire, en 2002, sur le Burundi et sur la crise malgache. Cette liste n'est pas exhaustive. Elle ne retient que les interventions les plus en vue et laisse de côté la diplomatie secrète. Le renforcement de la sécurité en Afrique centrale passe d'abord et surtout par l'institution de mécanisme de prévention. C'est ainsi que, dans le cadre du Comité Consultatif Permanent des Nations Unies sur les questions de sécurité en Afrique centrale, le Gabon a activement défendu son projet sur l'établissement d'un Mécanisme d'Alerte Rapide dont il abrite aujourd'hui le siège. En ce qui concerne la paix et la sécurité internationales, la politique du Gabon est la condamnation du terrorisme et toute autre menace à la paix dans toutes leurs manifestations, indépendamment des objectifs et idéologies déclarées. le Gabon s'est toujours prononcé pour des mesures collectives à prendre dans le cadre des Nations unies pour trouver des réponses communes aux menaces globales. Il reconnaît l'importance de mettre en place une stratégie globale de lutte collective contre les nouvelles menaces sur la base du droit international et de la charte de l'ONU.

L'Intégration africaine Conscient que le monde de demain est d'abord un monde de grands ensembles, et que la force est dans l'union, le Gabon a encouragé la création l'Union Des Etats de l'Afrique Centrale (UDEAC) en 1964 et la Communauté des Etats de l'Afrique Centrale CEEAC en 1974 dont le siège se trouve à Libreville. De même, il a soutenu en 1999, l'idée de la création de l'Union Africaine dont il est aujourd'hui membre fondateur.

La nouvelle configuration de la société internationale est caractérisée par un fort renforcement de l'interdépendance internationale et des relations de proximité. Les différents acteurs, peuples et régions dépendent les uns des autres comme jamais auparavant. Le Gabon est membre fondateur de l'Union Africaine, de la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) ainsi que de la Communauté des Economique des Etats de l'Afrique Centrale. En adhérant à chacune de ces organisations, le souci du Gabon est de voir l'unité et la solidarité entre les États africains se construire et se renforcer et que se développe entre eux les relations d'amitié et de coopération.

Coopération sud-sud Le Gabon a toujours prôné le renforcement de la coopération entre tous les pays du tiers-monde. Pour le Gabon, il est essentiel de promouvoir la solidarité entre les pays en voie de développement, en permettant aux bénéficiaires de profiter de l'expérience et des compétences spécialisées acquises par d'autres pays en développement. La coopération entre le Gabon et les autres pays du sud a connu un essor considérable depuis 1970. Plusieurs accords de coopération ont été signés avec les pays en développement de tous les continents et nombreux sont les projets et programmes de développement qui ont été initiés dans le cadre de cette coopération. Pour le Gabon, puisque les pays en développement ont encore des besoins communs, la coopération sud-sud est plus pertinente et plus valide. Elle constitue donc un impératif et non une option. Il a toujours milité pour la constitution de groupements encourageant le renforcement de la coopération sud-sud tels le groupe des 77, crée en 1964, le groupe pour la consultation et la coordination sud-sud (G-15), crée en 1989 et le forum Asie-Afrique, cadre de dialogue sur les politiques de coopération entre les deux continents.

Le nouvel ordre international Le Gabon consacre sa politique étrangère, avec les autres pays du monde, à la construction d'un ordre mondial plus juste, à la réduction des inégalités entre les nations, à la promotion du respect de l'égalité souveraine entre les peuples et à la démocratisation du système international. Pour le Gabon, tous les Etats doivent s'engager, individuellement et collectivement, à poursuivre des politiques propres à créer dans le monde un ordre économique et social plus juste et plus rationnel. Le nouvel ordre économique implique l'élimination de toute situation de subordination des peuples et le plein exercice de la souveraineté internationale. Il implique également la nécessité d'une restructuration du commerce international et une plus grande implication des pays du tiers monde dans le fonctionnement des organismes internationaux. La paix, la sécurité, le respect des droits économiques des peuples, la protection de l'environnement constituent des valeurs fondamentales pour la construction de ce nouvel ordre mondial. Nous allons continuer, avec nos partenaires, avec toute la communauté internationale, la recherche des idées et des solutions qui aident à former dans le monde le nouvel ordre juste et démocratique auquel aspirent tous les peuples.

  • la représentation,
  • la négociation,
  • l'information,
  • la protection des intérêts.

Notre politique extérieure s'inscrit désormais plus que par le passé, dans une dynamique tout azimut de développement et s'articule autour de quatre (4) objectifs essentiels : 1- Mobiliser les ressources extérieures disponibles notamment attirer l'investissement étranger ; 2- Préserver l'intégrité territoriale ; 3- Etre présent, audible et crédible sur le plan international (cohésion et pertinence du discours, des votes et des alliances) ; 4- Etre actifs et réactifs sur les places internationales d'affaires et auprès des grands centres de décisions mondiales (redéploiement opportuniste de la carte diplomatique). Tels sont les grandes lignes de notre vision diplomatique et le fil d'Ariane des actions que nous envisageons mener à l'horizon 2015.

 

Modifié : 05 / 01 / 2015